État des lieux : les erreurs à éviter côté bailleur pour éviter les litiges
L'état des lieux est souvent perçu comme une formalité. En réalité, c'est l'un des documents les plus importants de la gestion locative. Mal rédigé, incomplet ou imprécis, il peut rendre toute retenue sur le dépôt de garantie contestable, même lorsque les dégradations sont réelles.
Pourquoi l'état des lieux est juridiquement central
L'état des lieux sert de point de comparaison entre l'entrée et la sortie du locataire. Sans un état des lieux d'entrée précis, il devient très difficile de prouver qu'une dégradation est imputable au locataire.
Point clé : En cas de litige, c'est souvent ce document qui fait foi, bien plus que les échanges verbaux ou les souvenirs.
Erreur n°1 : un état des lieux trop vague
C'est l'erreur la plus répandue. Des mentions comme :
- • "bon état"
- • "correct"
- • "usure normale"
ne permettent aucune comparaison objective à la sortie.
Un bon état des lieux doit être :
- • Descriptif : décrire ce que l'on voit
- • Factuel : sans jugement de valeur
- • Pièce par pièce : ne rien oublier
- • Élément par élément : murs, sols, plafonds, équipements
Exemple :
"Mur blanc, traces noires près de l'interrupteur" → exploitable
"Mur en bon état" → inexploitable
Erreur n°2 : négliger les équipements et annexes
Beaucoup de bailleurs décrivent correctement les pièces principales… mais oublient :
- • Électroménager
- • Placards
- • Volets
- • Radiateurs
- • Prises et interrupteurs
- • Caves, parkings, balcons
Or, ce sont précisément ces éléments qui posent problème à la sortie.
Attention : Un équipement non décrit est un équipement présumé en bon état à l'entrée.
Erreur n°3 : ne pas dater et signer correctement
Un état des lieux doit être :
- • Daté : jour précis de la remise des clés
- • Signé par les deux parties : bailleur et locataire
- • Établi contradictoirement : en présence des deux parties
Un document non signé, ou signé plusieurs jours après l'entrée, peut être contesté. La rigueur administrative est essentielle, même lorsque la relation avec le locataire est bonne.
Erreur n°4 : confondre dégradation et vétusté
C'est un point clé souvent mal maîtrisé :
- • Vétusté : usure normale liée au temps → à la charge du bailleur
- • Dégradation : usage anormal ou défaut d'entretien → à la charge du locataire
Un sol usé après 10 ans n'est pas une dégradation.
Un trou dans un mur ou une porte cassée, oui.
Sans état des lieux précis, cette distinction devient impossible à défendre. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la répartition des charges entre bailleur et locataire.
Erreur n°5 : bâcler l'état des lieux de sortie
Par fatigue ou par envie d'aller vite, certains bailleurs expédient l'état des lieux de sortie. C'est une erreur.
C'est à ce moment précis que :
- • Les retenues sur dépôt de garantie se justifient
- • Les désaccords peuvent apparaître
- • Les preuves doivent être solides
Photos, comparaisons claires avec l'entrée, remarques précises : tout compte.
Erreur n°6 : ne pas conserver les documents
Un état des lieux mal archivé est presque aussi problématique qu'un état des lieux mal rédigé.
En cas de contestation, le bailleur doit pouvoir retrouver rapidement :
- • L'état des lieux d'entrée
- • L'état des lieux de sortie
- • Les photos éventuelles
- • Les devis ou factures liés aux réparations
Des documents dispersés rendent la défense du bailleur fragile. C'est particulièrement important lors d'un changement de locataire.
Structurer ses états des lieux pour se protéger
Un état des lieux bien fait :
- • Protège le bailleur juridiquement
- • Limite les conflits
- • Sécurise la restitution du dépôt de garantie
- • Facilite la relocation
Cela suppose une méthode claire et reproductible.
Organiser sa gestion locative pour éviter les litiges
La rigueur dans les états des lieux fait partie d'une approche plus globale de la gestion locative. Centraliser ses documents, conserver un historique clair entre chaque location, et pouvoir retrouver rapidement toute information : c'est ce qui fait la différence en cas de contestation.
Des outils comme Pmylo permettent de structurer cette organisation, en associant documents, quittances et historique par logement, pour éviter les pertes d'information et les approximations.
Conclusion : l'état des lieux n'est jamais du temps perdu
Un état des lieux précis prend plus de temps sur le moment, mais en fait gagner énormément ensuite. La majorité des litiges locatifs naissent d'un manque de rigueur à l'entrée ou à la sortie.
En gestion locative, mieux vaut toujours documenter que discuter.
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